Introduction

 

 

C'est sur le Camino du retour, entre Puente la Reina et Saint-Jean Pied de Port que Jacques et Marylène, amis et compagnons du Chemin me font part de leur désir de faire, au printemps 2005, la voie du Mont-Saint-Michel jusqu'à la maison, aux Gonds, à quelques enjambées de Saintes, en Charente Maritime. Belle occasion pour moi de vivre un nouveau petit bout du Chemin après une si longue expérience et de la partager avec des anciens pèlerins.

Nous quittons notre bourg au petit matin du lundi 23 mai. Céline, la fille de mes compagnons, nous conduit au pied du Mont-Saint-Michel où nous arrivons vers 12h00. Le Mont-Saint-Michel, je le découvre pour la première fois en 1962 par le petit trou d'un porte-plume, cadeau de mon frère Michel, marin en poste à Cherbourg. Depuis j'ai vu des reportages à la télé, lu de nombreuses revues, mes enfants et mon épouse me l'ont « raconté » à la suite d'un voyage scolaire.

Ce rocher, sculpté au milieu des eaux ou des sables selon les marées, est magnifique même entre deux averses. Malgré le début de la saison, les petites ruelles grouillent déjà de touristes. Des jeunes collégiens, des moins jeunes des clubs des aînés, des français, des allemands, des japonais, des anglais, des belges et bien d'autres se côtoient et se croisent. Les uns ont le nez collé sur les vitrines des boutiques, d'autres dévorent le menu du jour, d'autres tentent de prendre la photo souvenir. Nous ne passons pas incognito avec nos sacs et nos bourdons.

Nous montons faire viser nos crédenciales à l'accueil des pèlerins. Nous recevons le pin's du Mont-Saint-Michel que nous piquons sur nos chapeaux. Nous repérons une petite auberge où nous consommons le menu du jour avec grand appétit.

L'heure est venue pour Céline de retourner à la maison et pour nous de débuter notre pèlerinage randonnée.

Nous décidons de remonter la ruelle puis de prendre les escaliers pour profiter au maximum de la vue panoramique sur la baie. Ce n'est pas forcément la meilleure technique pour se chauffer les muscles surtout après le repas, mais nous ne reviendrons pas demain. La foule et la cohue dans les ruelles étroites nous invitent à quitter les lieux où pourtant nous aimerions cheminer en paix… Pendant que nous remplissons nos gourdes sous les regards et les rires d'un groupe de motards abrités sous un porche, nous recevons la bénédiction céleste, ce qui nous oblige in extremis à bâcher nos sacs et à enfiler le poncho. Malgré l'averse, nous nous engageons sur la digue. C'est parti pour 18 jours de marche sur la Voie du Mont-Saint-Michel.